Inde: la plaie de l’inflation pénalise les plus pauvres

Les prix des produits alimentaires augmentent fortement en Inde. Celui des oignons, par exemple, a été multiplié par six. Crédits photo : Grant Rooney PCL/SUPERSTOCK/SIPA/SIPA
Les prix des produits alimentaires augmentent fortement en Inde. Celui des oignons, par exemple, a été multiplié par six. Crédits photo : Grant Rooney PCL/SUPERSTOCK/SIPA/SIPA

La hausse des prix est le cauchemar des pauvres et de la classe moyenne indienne depuis maintenant trois ans, avec des taux records avoisinant 12%.

Cela faisait presque dix mois que Ram n’avait pas mangé de petits pois et de chou-fleur. «À cause de la hausse des prix, nous nous nourrissons principalement de riz et de dal (lentilles) depuis plusieurs mois. Quant à la viande, c’est un luxe auquel nous n’osons rêver», se ­lamente ce chauffeur de rickshaw (tricycle) à Bhubaneswar, dans l’Odisha (Est).

Seema, femme de ménage à ­Delhi, fut quant à elle contrainte de déscolariser son fils de 11 ans pour le faire travailler. «Je lui ai trouvé un petit job dans une échoppe de thé, avec cela nous pourrons subvenir à nos besoins de base», témoigne-t-elle.

L’adversaire de Ram et Seema se nomme inflation. La hausse des prix est le cauchemar des pauvres et de la classe moyenne indienne depuis maintenant trois ans, avec des taux records avoisinant 12 %. Elle se traduit par une valse des étiquettes sur les produits alimentaires, un sujet très sensible dans un pays où près de 30 % de la population – soit quelque 360 millions de personnes – vit dans l’extrême pauvreté. Le prix du kilo d’oignons est ainsi passé de 20 à 130 roupies (de 25 centimes à 1,60 euro) l’an dernier. Cela paraît peu, en valeur, mais c’est une multiplication par six.

«C’est le consommateur moyen qui a payé le prix fort de cette inflation. Depuis deux ans, le pouvoir d’achat des ménages a clairement diminué. L’inflation a dissuadé les investisseurs et affaibli la croissance», a récemment reconnu Raghuram Rajan, le gouverneur de la Banque centrale indienne.

Bien qu’il n’ait pas vraiment proposé de solutions, le BJP (parti nationaliste hindou) dont le leader, Narendra Modi, est le favori du scrutin en cours, a sauté sur l’occasion pour accuser d’immobilisme le gouvernement mené par le Parti du Congrès.

Eau gratuite à Delhi

De son côté, l’AAP (le parti du citoyen ordinaire) a tenté ­d’alléger l’impact de l’inflation en offrant 20.000 litres d’eau gratuite par mois aux foyers de Delhi et en réduisant le prix de l’électricité.

«Les pauvres et la classe moyenne vont voter pour le parti qui leur permet de payer moins cher leurs besoins de base», analyse Indranil Pan, chef économiste de la banque privé indienne Kotak Mahindra. Pour l’électeur, peu importent les causes de l’inflation qui sont multiples: la hausse des prix du pétrole (l’Inde importe 75% de son énergie), la chute de la roupie, les déficits persistants ou l’engorgement de l’offre provoqué par des infrastructures défaillantes.

Depuis le début de cette année, les prix à la consommation avaient baissé, au plus bas depuis plus de deux ans, à 8,10 %, mais les prix de gros, l’indicateur le plus suivi, viennent de repartir à la hausse selon les chiffres publiés mardi.

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