New Delhi interdit les centres commerciaux étrangers

Dans les rayons de la chaîne de supermarchés de Bharti, Easyday, associé à l'américain Wal-Mart. Crédits photo : KEITH BEDFORD/The New York Times-REDUX-REA
Dans les rayons de la chaîne de supermarchés de Bharti, Easyday, associé à l’américain Wal-Mart. Crédits photo : KEITH BEDFORD/The New York Times-REDUX-REA

Seuls 10 États indiens sur 29 ont autorisé l’ouverture de centres commerciaux étrangers.

L’année a débuté sur une note difficile pour le marché indien de la grande distribution. Le nouveau gouvernement régional de Delhi mené par l’Aam Aadmi Party (AAP, le «Parti du citoyen ordinaire») a interdit aux multinationales étrangères d’ouvrir des centres commerciaux dans la capitale.

Cette récente décision, qui fait suite à la victoire électorale du parti anticorruption à Delhi en décembre, va à l’encontre de la politique du gouvernement central dirigé par le Parti du Congrès, qui tente désespérément depuis 2012 d’attirer les investissements étrangers dans le secteur. «Les investisseurs en ont assez des lourdeurs administratives ; il faut valider son projet auprès du gouvernement central puis au niveau des États fédéraux. Parfois on vous dit oui puis on vous dit non… Le marché a un potentiel réel, mais l’instabilité politique est un véritable frein», confie une source chez Wal-Mart Inde.

Seuls 10 des 29 États indiens ont accepté l’ouverture de centres commerciaux étrangers. En décembre dernier, le groupe de distribution britannique Tesco a annoncé l’acquisition de 50 % des parts de Trent Hypermarket du groupe Tata. Son rival américain Wal-Mart enchaîne quant à lui les revers ; quelques mois après des scandales de corruption impliquant ses dirigeants indiens, la société a annulé son partenariat avec l’indien Bharti en octobre dernier.

Petit commerce menacé

De son côté, Carrefour semble faire des progrès. En janvier, la société a annoncé un nouvel investissement de 20 millions d’euros pour doubler ses points de vente en gros dans le pays, et ce, malgré des pertes de près de 10 millions d’euros en 2012. Carrefour possède actuellement quatre centres commerciaux dans le nord de l’Inde, dont un à Delhi.

Très convoité, le secteur du commerce de détail indien pèse 380 milliards d’euros. Il est dominé par les petites échoppes de rue. Mais l’arrivée des grands centres commerciaux a obligé de nombreux commerçants à mettre la clé sous la porte.

«L’AAP n’est pas contre les investissements directs à l’étranger. Nous pensons qu’ils améliorent certainement le choix du consommateur, mais l’expérience à travers le monde montre qu’ils conduisent aussi à une perte colossale d’emplois», a indiqué Arvind Kejriwal, chief minister de l’État de Delhi et président de l’AAP.

Une décision définitive? Peut-être pas. Certains observateurs politiques évoquent plutôt une stratégie électorale de court terme. L’AAP, né il a à peine un an, fait campagne autour de la lutte contre la corruption, dans la perspective des élections législatives du printemps 2014.

En cette année électorale, le climat des affaires n’est pas bon pour les étrangers. Donné gagnant dans les sondages, le principal parti d’opposition, le BJP (parti nationaliste hindou), mené par le charismatique et controversé Narendra Modi, s’est lui aussi engagé contre l’ouverture de la grande distribution aux étrangers s’il venait à gagner.

Publié dans Le Figaro

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