Manmohan Singh veut passer le relai à Rahul Gandhi

Rahul Gandhi au côté de sa mère Sonia Gandhi, le 14 novembre à New Delhi. Crédits photo : RAVEENDRAN/AFP
Rahul Gandhi au côté de sa mère Sonia Gandhi, le 14 novembre à New Delhi. Crédits photo : RAVEENDRAN/AFP

L’heure est grave pour le Parti du congrès et son premier ministre octogénaire, Manmohan Singh, qui a annoncé vendredi à Delhi, devant une horde de journalistes réunis pour une conférence de presse de presque deux heures, qu’il était prêt à quitter la politique. Tentant de défendre son bilan, se félicitant des mesures en faveur des pauvres, il a reconnu les erreurs commises, les scandales de corruption et l’inflation galopante. Avant d’appeler Rahul Gandhi, l’héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, a lui succéder lors des législatives du printemps 2014.

Cette déclaration arrive à un moment critique pour le Congrès, qui vient de subir une défaite cuisante lors des élections régionales de décembre dernier, où le Bharatiya Janata Party (BJP), parti nationaliste hindou, l’a emporté haut la main. Pour Singh, une victoire de Narendra Modi, le candidat au poste de premier ministre du BJP, pourrait s’avérer «désastreuse» pour l’Inde. L’homme est controversé en raison du rôle qu’il aurait joué lors des pogroms antimusulmans qui ont eu lieu en 2002 dans l’État du Gujarat. Blanchi par la Cour suprême, cette tragédie le hante toujours, mais son succès auprès des élites économiques lui a permis d’élargir considérablement la base de ses partisans dans tout le pays. Pour contrer son influence grandissante, ­Singh a directement nommé son favori: «Rahul Gandhi possède tous les atouts pour être nommé candidat au poste de premier ministre, et j’espère que notre parti le désignera en temps voulu.»

Hyper-protégé par son entourage, depuis les assassinats de sa grand-mère ­Indira Gandhi et de son père Rajiv ­Gandhi, tous deux anciens premiers ministres, Rahul Gandhi ne fréquente la ­scène politique que depuis huit ans. Ce célibataire endurci de 43 ans, nommé vice-président du Congrès l’an dernier, porte sur ses épaules l’avenir d’un parti vieux de 129 ans, sous le regard attentif de sa mère, Sonia Gandhi, la présidente du Congrès, d’origine italienne.

Longtemps perçu comme un espoir pour la jeunesse du pays, son manque d’implication a souvent déçu. Malgré les critiques le qualifiant d’«homme sans charisme» ou «sans consistance», il a tenté d’apporter un souffle nouveau à son parti et s’est opposé à de nombreuses reprises aux décisions du gouvernement. Il a notamment fait retirer une nouvelle loi destinée à protéger les politiciens corrompus. Mais sa performance comme chef de campagne du Congrès demeure médiocre. La défaite humiliante essuyée par le parti en décembre dernier a clairement démoralisé ses partisans alors que le BJP crie déjà victoire. «On attendait beaucoup de Rahul, peut-être trop. Cela lui prendra davantage de temps pour réformer le parti de l’intérieur», note la politologue Roopinder Bhatia.

Une victoire du Congrès aux législatives semble aujourd’hui peu probable. Au-delà du verdict définitif des urnes, les alliances du BJP pourraient s’avérer bancales. Par ailleurs, l’arrivée au pouvoir à Delhi d’un nouveau parti «anticorruption», l’Aam Aadmi Party (le Parti du citoyen ordinaire), pourrait également changer la donne.

Publié dans Le Figaro

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