La France et l’Inde s’unissent contre le viol

Une photo tweetée par Najat Belkacem - @najatvb : Elles ont entre 12&17 ans. A Delhi l'asso ApneAap de la formidable @RuchiraGupta les sort de la prostitution & misère
Une photo tweetée par Najat Belkacem – @najatvb : Elles ont entre 12&17 ans. A Delhi l’asso ApneAap de la formidable @RuchiraGupta les sort de la prostitution & misère

La ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem était en Inde pendant 4 jours du 25 au 28 octobre. Une visite exceptionnellement longue qui avait pour but principal d’évoquer les sujets de collaboration entre l’Inde et la France autour de la femme.

« Women empowerment », c’est une expression qui ne se traduit pas en français mais qui est devenue le slogan de toute une communauté d’activistes et de féministes de part le monde. Il s’agit de donner du courage et des moyens aux femmes pour qu’elles puissent s’élever, se débrouiller seules, entreprendre. Au cours de sa première visite en Inde, la ministre a rencontré de nombreuses ONG luttant contre ces violences et discriminations en tous genres et ce qu’elle en a retenu, c’est que finalement « Il y a davantage de similitudes entre la France et l’Inde qu’on ne pourrait le croire ».

« Nous avons eu largement écho dans la presse française de l’affaire du viol de la jeune étudiante de 23 ans à Delhi en décembre dernier mais il ne faut pas oublier qu’il y a également beaucoup de violences perpétrées contre les femmes en France » a confié la ministre lors d’un point presse organisé par l’ambassade de France en Inde, avant de poursuivre : « Il y a près de 200 cas de viols par jour en France et ceux qui pensent que cette réalité n’est le fait que d’un pays se trompent. Comme en Inde, les victimes ont encore du mal à dénoncer leurs agresseurs. En France on estime que seule une femme sur dix va porter plainte ».

Pendant sa visite, la ministre a visité le Commissariat de police de Delhi et pris connaissance des mesures mises en place par le gouvernement indien pour aider les femmes. « La France et l’Inde ont les mêmes terrains de lutte : pour former les professionnels qui s’occupent des victimes, travailler avec le système judiciaire et la police, faire des campagnes pour lutter contre les violences, empêcher les récidives », a déclaré la ministre avant de noter toutefois que la structure de la famille et de la société sont malgré tout très différentes : « Les Indiens n’ont pas les mêmes inquiétudes que nous concernant l’arrivée d’un enfant, par exemple. En Inde, la famille, les grands-parents, les parents (ndlr : qui occupent une place importante au sein du foyer et qui parfois habitent dans la même maison) – peuvent s’occuper de l’enfant pendant que la mère travaille alors qu’en France nous devons réfléchir au développement du système de crèches, du financement de la garderie etc. »

L’entrepreneuriat est un autre domaine dans lequel Najat Vallaud-Belkacem souhaite développer la collaboration entre les deux pays. « En France seules 30% des femmes sont engagées dans des projets et seuls 10% d’entre eux sont des initiatives innovantes ». Elle a officiellement annoncé la création d’un partenariat stratégique pour l’entrepreneuriat et d’une plate-forme pour qu’indiennes et françaises puissent s’échanger les bons procédés dans le développement de leurs projets d’entreprises.

Malgré tous ces points d’ententes, des actions restent vivement critiquées par l’un et l’autre pays. « La France et l’Union Européenne sont contre la peine de mort » a précisé la ministre. Une des dernières condamnations les plus médiatisées concerne les auteurs du viol de la jeune étudiante de 23 ans.

 De son côté l’Inde, qui pratique une politique où toutes les confessions sont représentées, ne comprend toujours pas l’adoption de la « loi sur la laïcité » en France. « Cette loi touche non seulement de nombreuses femmes musulmanes dans la pratique de leur religion – dans une démocratie qui prône la liberté – mais elle affecte les Sikhs* de France également – hommes et femmes – qui ne peuvent plus porter leurs turbans – symbole de respect indispensable dans la pratique de leur religion. Cela les discrimine également en quelque sorte… », explique une avocate indienne à Delhi.

* Pratiquants du sikhisme, une religion monothéiste fondée dans le nord de l’Inde au XVe siècle.

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