Le Gujarat, nouveau moteur industriel de l’Inde

Avantages fiscaux et infrastructures attirent les investisseurs tel Tata. L’État héberge une usine indienne sur dix.

Une chaîne de production de la Nano Tata, dans l'État de Gujarat. Crédits photo : © Amit Dave / Reuters/REUTERS
Une chaîne de production de la Nano Tata, dans l’État de Gujarat. Crédits photo : © Amit Dave / Reuters/REUTERS

«Lorsque vous n’arrivez pas à vous développer ailleurs en Inde, venez au Gujarat!», proclame, tel un slogan, un fonctionnaire du département industrie de cet État de l’Ouest. C’est le Gujarat qu’a choisi le milliardaire Ratan Tata, après avoir essuyé des manifestations d’agriculteurs du Bengale hostiles à l’implantation de son usine pour produire la Nano, la voiture la moins chère du monde. Maruti Suzuki, le leader sur le marché automobile indien, a lui aussi déménagé ses usines de l’État de l’Haryana vers le Gujarat. Peugeot y a songé, avant d’abandonner du fait de la crise européenne.

État moyen en termes de population et de superficie, le Gujarat fournit pourtant près de 16 % de l’activité industrielle de l’Inde et 22 % de ses exportations, principalement dans le commerce de bijoux, de diamants, du textile et de produits chimiques et pétrochimiques. Pour favoriser les investissements dans ces secteurs, le gouvernement régional a créé des zones économiques spéciales. Ce sont des parcs géants organisés par secteurs d’activités et où les entreprises qui y sont installées bénéficient de réductions de taxes.

Pas de pannes de courant

map_gujarat - copie«Le Gujarat héberge la plus grande raffinerie du monde, celle de Reliance à Jamnagar (1,24 million de barils de pétrole par jour), affirme M. Sahu, secrétaire d’État à l’Industrie. L’État accueille aussi le plus grand complexe chimique d’Inde, tourné vers l’exportation. À côté des grands projets d’infrastructure s’est développé aussi un dense réseau de PME et de sociétés étrangères, tout particulièrement dans les secteurs automobile et pharmaceutique.

«Lorsqu’une société étrangère nous consulte pour entrer sur le marché indien, nous les dirigeons prioritairement vers le Gujarat, explique Sunil Prasad, secrétaire général de la chambre de commerce Europe-Inde basée à Bruxelles. Un avantage certain est qu’aucune coupure d’électricité n’est à déplorer!»

Le Gujarat est en effet le seul État industrialisé de l’Inde qui ne souffre pas de rationnement d’énergie. Il a mis en place une politique ambitieuse de développement des énergies renouvelables. Lancé en 2010, le parc solaire du Gujarat est le plus grand d’Asie avec une capacité de 600 mégawatts.

Le Gujarat pourrait être un modèle pour le futur économique de l’Inde. Mais tout n’est pas d’or dans cet eldorado entrepreneurial. Le Prix Nobel indien de l’économie, Amartya Sen, déplorait récemment son peu d’initiatives envers les minorités, son manque de sécularisme et ses médiocres prestations dans les domaines de l’éducation et de la santé. Malgré tout, grâce à ses réformes économiques, la pauvreté dans l’État a largement diminué: 16,6 % de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté, contre 27 % de la population indienne.

Publié dans Le Figaro

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