La croissance indienne chute à son plus bas niveau depuis dix ans

«La faible croissance vient aussi mettre un frein à l'amélioration de la situation des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, dont le nombre est estimé à environ 355 millions», explique un économiste indien.

«La faible croissance vient aussi mettre un frein à l’amélioration de la situation des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, dont le nombre est estimé à environ 355 millions», explique un économiste indien. Crédits photo : Manish Swarup/AP

Inflation, réformes en berne, chute de confiance expliquent le ralentissement de la troisième économie d’Asie.

Serait-ce la fin du «miracle économique indien»? L’Inde enregistre son taux de croissance le plus bas depuis dix ans, soit 4,8 % au cours du dernier trimestre de l’année fiscale 2012-2013. Un chiffre inférieur à son taux d’inflation actuel qui se situe à 7 %.

Selon le Bureau national des statistiques, la croissance pour l’année fiscale d’avril 2012 à mars 2013 fut de 5 %, contre 6,2 % l’année précédente et 9,3 % en 2011. Même anticipée par les analystes, la nouvelle a douché la Bourse de Bombay, où l’index Sensex a clôturé en baisse de 2,25 %.

L’agriculture, colonne vertébrale de l’économie rurale indienne n’a crû que de 3,6 %. Près de 60 % de la population indienne vit de ce secteur qui contribue pour 23 % au PIB. L’industrie manufacturière a connu une croissance modeste de 2,6 % alors que l’industrie minière a affiché une hausse de 3,1 %, contre 5,2 % l’an dernier.

Si l’Inde subit de nouveau une mauvaise mousson (de juin à septembre), le taux de croissance du secteur agricole pourrait souffrir plus encore.

Ces mauvais chiffres sont un coup dur pour le parti au pouvoir, – le Congrès – élu, en 2009, grâce à l’appui du monde rural, sur le thème de la «croissance pour tous».

Des réformes qui patinent

«Le premier ministre, Manmohan Singh, père des réformes économiques qui ont lancé l’Inde, n’a pas su gérer une situation de blocage provoquée par l’incapacité de sa coalition à lutter contre la corruption et l’allocation illégale de ressources», explique un économiste indien à New Delhi. «La faible croissance vient aussi mettre un frein à l’amélioration de la situation des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dont le nombre est estimé à environ 355 millions», ajoute l’expert.

La perte de vitesse de l’économie influe également sur la monnaie indienne. La roupie a atteint son taux le plus bas depuis ces onze derniers mois, ce qui fait monter l’inflation, très impopulaire en Inde.

Du côté des investisseurs étrangers, le grand «big bang» des réformes annoncé à l’automne n’a toujours pas eu lieu. La croissance du capital-investissement pour 2012-2013 a ralenti pour atteindre 3,5 % en mars 2013, contre 4,5 % l’an dernier pour la même période.

Mais tout n’est pas perdu, indique l’OCDE, qui table sur un taux de croissance de 5,3 % en 2013. L’organisation estime que la croissance indienne pourrait reprendre vite, si les projets de libéralisation de l’économie, toujours en cours de discussion, étaient mis en œuvre. Selon une source du ministère des Finances, «ces mesures devraient prendre effet d’ici à la fin de l’année. Le gouvernement compte aussi sur la vente de parts dans les entreprises publiques pour raviver le marché boursier».

Publié dans Le Figaro

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