Inde : le Parti du Congrès s’attaque à la corruption

Ministre de la justice Ashwani Kumar (IE photo)_Indian Express
Ministre de la justice Ashwani Kumar (IE photo)_Indian Express

L’heure du jugement a sonné pour Pawan Bansal, le ministre des Chemins de fer, et son collègue de la Justice, Ashwani Kumar. Accusés de corruption, leur sort a été scellé vendredi soir lors d’une réunion entre le premier ministre, Manmohan Singh, et la présidente du Parti du Congrès, Sonia Gandhi. Ils ont été limogés : du jamais-vu dans l’histoire politique indienne.

À un an des élections parlementaires, le Congrès tente de redorer son image auprès d’une opinion qui dénonce son incapacité à lutter contre la corruption. Il y a deux semaines, Ashwani Kumar, usant de son statut de ministre de la Justice, opère quelques modifications en faveur du gouvernement dans un dossier confidentiel préparé par le Bureau central d’investigation (CBI). L’affaire concerne une allocation illégale de permis pour exploiter des mines de charbon entre 2006 et 2009. Un dossier particulièrement sensible, le ministère des Mines étant alors sous l’autorité directe du premier ministre, Manmohan Singh.

Connu sous le nom de « Coalgate », le scandale éclate au grand jour quand les auditeurs du gouvernement découvrent des irrégularités dans l’octroi de permis accordés à 75 sociétés. Montant estimé de la fraude : plusieurs milliards d’euros de manque à gagner pour l’État. Avec plus de 27 milliards d’euros, le ministre des Chemins de fer possède l’un des plus gros budgets du gouvernement indien. Une aubaine pour faire passer des accords avec des fournisseurs moyennant pots-de-vin. Mais le Bureau central d’investigation prend en flagrant délit de transaction frauduleuse le neveu du ministre. Contre une promesse de promotion, ce dernier aurait récupéré près de 120 000 euros auprès d’un haut fonctionnaire du ministère. Une semaine plus tard, Pawan Bansal, le ministre, est mis à pied. Dans le même temps, le Congrès décide de se débarrasser d’Ashwani Kumar, éclaboussé par le scandale.

Depuis « Coalgate », le BJP, parti d’opposition de tendance nationaliste hindoue, milite pour la démission du premier ministre. Dimanche, plusieurs centaines de manifestants ont encerclé sa résidence à New Delhi. Métros fermés, circulation ralentie, les protestations ont été émaillées d’affrontements avec la police. « Le premier ministre Manmohan Singh est impliqué dans Coalgate. C’est mon devoir de manifester ! », s’exclamait Anita, 27 ans.

Selon le politologue Roopinder Oberoi, « le Congrès tente désespérément de donner un coup de jeune à son image en rompant avec ses habitudes. Mais il reste de nombreux autres cas de corruption à traiter. » « Le Congrès de Sonia Gandhi cherche à charger un coupable pour mieux se blanchir », fait valoir l’expert.

Avec près d’une dizaine de ministres traduits en justice et des scandales à répétition, l’image du Congrès est celle d’une formation gouvernementale corrompue depuis le début de son second mandat en 2009. Un récent sondage du quotidien Times of India annonce déjà le parti perdant contre le BJP en 2014.

Publié dans Le Figaro.

6 réflexions au sujet de « Inde : le Parti du Congrès s’attaque à la corruption »

  1. […] Seul représentant crédible au sein de son parti, Rahul Gandhi manque peut-être encore d’expérience et de leadership devant un Modi, agressif et avide de pouvoir. Ce dernier déploie toutes ses cartes pour faire de son Etat un vrai modèle. Le sommet du Vibrant Gujarat qu’il organise tous les deux ans affiche les résultats concrets de son action : des chiffres, des soutiens de magnats de l’industrie, des mesures politiques populaires, etc. soit un projet pilote du régime de gouvernance qu’il souhaite imposer à la nation. Modi plaît aussi à la jeunesse du pays, qui vibre à son charisme et ses promesses d’une forte gouvernance dans un contexte où les scandales de corruption ne cessent d’heurter la crédibilité du gouvernement. […]

  2. […] Seul représentant crédible au sein de son parti, Rahul Gandhi manque peut-être encore d’expérience et de leadership devant un Modi, agressif et avide de pouvoir. Ce dernier déploie toutes ses cartes pour faire de son Etat un vrai modèle. Le sommet du Vibrant Gujarat qu’il organise tous les deux ans affiche les résultats concrets de son action : des chiffres, des soutiens de magnats de l’industrie, des mesures politiques populaires, etc. soit un projet pilote du régime de gouvernance qu’il souhaite imposer à la nation. Modi plaît aussi à la jeunesse du pays, qui vibre à son charisme et ses promesses d’une forte gouvernance dans un contexte où les scandales de corruption ne cessent d’heurter la crédibilité du gouvernement. […]

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